L’Évangile d’aujourd’hui répond à la question posée par certains membres de la foule qui voulaient mettre Jésus à l’épreuve et lui demandaient un signe venant du ciel (11, 16). Jésus répond d’abord aux réactions de la foule après l’exorcisme, puis bénit les louanges de la femme et reprend enfin son discours pour réprimander les pensées de la « génération mauvaise». C’est l’un de ces moments où le Seigneur montre peu d’intérêt pour la foule, car il connaît leurs pensées et leurs intentions. Cette foule a été témoin de l’exorcisme, a écouté son discours, mais n’a pas entendu ses paroles. Au contraire, elle exigea qu’il lui obéisse, en lui demandant de montrer des signes.
La recherche d’un signe par la foule était motivée par le désir de mettre Jésus à l’épreuve. Ils ont vu la puissance de Dieu en Jésus, mais ils n’ont pas cru. Lorsque nous faisons confiance à Dieu, nous ne lui demandons pas d’autres preuves. Le besoin de preuves reflète la fragilité de la foi de nombreuses personnes. Comme nous le rappelle le Pape François : « Jésus confiait tout à Dieu le Père, obéissant avec une confiance totale à son plan de salut pour l’humanité, un plan de paix pour un avenir plein d’espérance (cf. Jr 29, 11) » (Message pour la Journée missionnaire mondiale 2025).
Les chrétiens imitent donc Jésus en se confiant à la volonté du Père, signe de vraie foi et de conversion à sa Parole. Il rappelle l’Évangile de Dieu, annoncé dès le début par les prophètes, que nous avons la mission d’annoncer à toutes les nations par une foi obéissante, car la vraie sagesse réside dans la conversion au message (1 Co 1,21).
À partir du signe de Jonas, Jésus formule un jugement eschatologique. Ses paroles représentent déjà une condamnation de cette foule, définie comme une « génération mauvaise ». Ce que Jonas avait prêché aux Ninivites correspond aux paroles de Jésus adressées à cette foule ; il s’agit de l’annonce par le prophète d’un avertissement sévère à la ville (Jn 3,4). Jésus lui-même explique le jugement sur la génération actuelle, qui bien qu’elle écoute sa parole, ne lui obéit pas. Selon la tradition juive, Israël jugerait les nations à la fin des temps. Lors du jugement annoncé par Jésus, ce sera une étrangère, la reine du midi, qui condamnera cette génération (1 Rois 10:11-12). De plus, les habitants de Ninive, convertis par la prédication de Jonas, se joindront à eux (Jn 3, 5-10). L’universalité du salut sera évidente lorsque les nations accueilleront avec joie le message qu’Israël a rejeté.
En écoutant et en mettant en pratique les paroles de Jésus, la communauté de foi devient réceptrice et annonciatrice du salut au monde. En effet, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Gaudium et Spes, 1).