Méditation biblique du 26 octobre

30ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Si 35,15b-17.20-22a; Ps 33; 2Tm 4,6-8.16-18; Lc 18,9-14

L’enseignement de Ben Sirac le Sage, héritier de la doctrine prophétique millénaire sur la justice et l’amour préférentiel de Dieu pour les pauvres et les opprimés, nous conduit vers les sommets de la vraie spiritualité biblique. Le Deutéronome avait averti que Dieu « est impartial et ne se laisse pas acheter » (Dt 10, 17), contrairement aux hommes qui usent de favoritismes selon leurs préjugés sociaux, raciaux ou idéologiques, aux dépens de la vie des humbles. Cette doctrine sera largement appliquée par Jésus aussi bien dans sa prédication que dans son œuvre libératrice, puis par les Apôtres et les Évangélistes, qui l’insérèrent dans leurs écrits et la répandirent universellement. Dieu, dans son infinie miséricorde, ne manque jamais de rencontrer tous ceux qui, conscients de leurs défauts et de leurs faiblesses, cherchent son aide et son pardon. Les superbes, en revanche, il les laisse errer dans la confusion des fières pensées de leurs cœurs.

La parabole que Jésus a racontée à propos du publicain et du pharisien nous montre sa façon de voir les personnes, qui est la forme concrète du regard de Dieu, car il ne juge pas selon les apparences, ni même sur la base de préjugés, mais à partir de ce qu’il voit clairement dans les profondeurs du cœur humain, en discernant les véritables motivations qui engendrent les actions et les prières des Hommes.

C’est dans l’intention de prier que le publicain et le pharisien se rendent au Temple, se retrouvant ainsi ensemble à partager pendant quelques instants le même lieu saint. Mais la façon particulière pour chacun d’eux de se situer par rapport à ce temps de prière est ce qui déterminera leur destin respectif et leur état spirituel final. Ayant eu l’humilité et la sincérité de reconnaître son indignité et son péché et d’implorer le pardon de Dieu, le publicain rentre chez lui en étant meilleur, transformé intérieurement, réconcilié : devant sa prière authentique, la grâce divine ne s’est pas fait attendre. Encore une fois : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé » (Lc 18, 14b).

Le pharisien, à l’inverse, est prisonnier dans sa tour d’orgueil spirituel. Trop conscient de ses œuvres pieuses méritantes et de l’excellence de sa classe sociale et religieuse, il se croit supérieur et meilleur que tous les autres. Il érige des barrières entre lui et eux, il les insulte et les méprise. C’était peut-être un homme bon et pieux jusqu’à ce moment, mais l’attitude qu’il adopte a révélé l’arrogance de son cœur, minant de l’intérieur sa vertu présumée.

On ne se présente pas devant Dieu dans le Temple pour exprimer la satisfaction de soi, en regardant les autres de haut en bas. On se place devant lui pour une rencontre d’amour, pour rencontrer les autres en lui. En ce sens, la prière est contemplation du Seigneur, célébration des merveilles que sa grâce accomplit chaque jour au sein de la fragilité humaine, célébration de son inlassable miséricorde qui relève celui qui est tombé et désire se relever.

Le Pape François nous rappelle constamment la centralité de la prière par rapport à l’Église et à sa mission. La prière est l’âme de la mission : comme pour dire que l’efficacité de la rencontre personnelle avec le Christ, les justes mesures de notre rapport à nous-mêmes et avec le monde à la lumière de l’Esprit Saint, sont à la racine de l’expérience de la vérité qui sauve. Grâce à la prière, le disciple missionnaire s’inclut dans le besoin de salut qu’il est appelé à annoncer et dans les sacrements qu’il doit dispenser. Ce qui est certain, c’est que la mission d’évangélisation qui nous est confiée en tant qu’Église ne pourrait pas être menée en vérité si nous adoptions une attitude dominatrice dans notre rencontre avec les autres, sûrs et convaincus de notre supériorité morale et religieuse. La mission doit être une humble proposition de l’amitié du Christ, dans le respect infini de la liberté religieuse des hommes et des femmes de notre époque, de leurs cultures et de leur histoire. La véritable humilité n’est jamais l’absence de vérité. C’est plutôt la présence efficace d’une vérité qui juge, pardonne et sauve celui qui annonce et ses interlocuteurs.


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