Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le mot « envahissement» est utilisé dans le sens d’insistance ou même de persévérance, ce qui évoque des significations religieuses et morales. Saint Luc rapproche notre discussion de la réalité en citant un mot plus profane, « invasion ». Bien que le terme « persévérance » indique le chemin vers le ciel et l’accomplissement fidèle de ses obligations morales, son utilisation dans ce contexte semble presque suggérer de manière inappropriée le sens de l’entêtement. Tel est le ton et l’attitude de la courte parabole de Jésus.
Conformément aux coutumes de presque tous les pays du monde, on ne frappe pas à la porte du voisin au milieu de la nuit pour obtenir du pain. Jésus ne discute pas de ce qui est bien ou mal. Le sens d’une parabole est toujours révélé dans les dernières lignes ou dernières affirmations. Le voisin, poussé non par l’amitié mais par son sans-gêne, lui donne ce dont il a besoin.
Cet épisode révèle que la persévérance et l’insistance peuvent générer non seulement de l’agacement et des difficultés, mais aussi une foi durable qui l’emporte sur les espoirs brisés. Nous observons ainsi l’émergence d’un lien spirituel entre voisins qui transcende les conventions de l’amitié.
Jésus fait quelques pas en avant dans la parabole. Il fait appel à l’attention et aux soins des parents envers leurs enfants. Une mère offrira-t-elle un serpent à son enfant qui lui demande un poisson, ou un père un scorpion à son enfant qui veut un œuf ? Jésus reconnaît la bonté et la fidélité que chaque être humain possède par nature, mais il veut aussi que notre relation s’approfondisse et devienne encore plus digne de confiance. Saint Luc adapte l’histoire pour se concentrer sur le Saint-Esprit. Dieu donne une partie de lui-même, son propre Esprit Saint
La persévérance nous permet d’attendre suffisamment longtemps pour que nos bonnes actions manifestent une bonté divine qui dépasse nos attentes et nos rêves. Par l’intermédiaire du prophète Malachie, Dieu a répondu à ceux qui avaient perdu courage. Il a assuré au peuple qu’il était toujours sa propriété spéciale, plus que les enfants ne le sont pour leurs parents. Il a demandé de la patience, lui assurant que la justice finirait par prévaloir.