ABRAHAM DUT JIIR
J’ai 20 ans, je viens du Lakes State. J’ai grandi dans une famille ordinaire — ni riche ni pauvre — en zone rurale. Rumbek a été le décor de mon parcours primaire et secondaire. Aujourd’hui, je suis stagiaire à Loreto Rumbek (N.D.L.R. l’école fondée par les Sœurs de Lorette), mais j’ai hâte de reprendre mes études pour devenir enseignant.
L’année dernière, j’ai entendu parler du pèlerinage pour la paix. Dès que j’ai su qu’il alliait lectures bibliques, moments de silence, réflexion, confession et messes, j’ai été emballé. Exactement ce qu’il me fallait pour grandir spirituellement ! Je voulais approfondir ma foi et renforcer mon lien avec Dieu.
Quelle expérience !
Ce qui m’a fait hésiter, c’était la réalité du terrain : météo imprévisible, conditions rudimentaires et nuits spartiates. Allais-je tenir ?
Je ne regreue pas d’avoir osé ! Le chemin était difficile, mais… quelle aventure ! L’entraide entre nous, les prières partagées, les marches en silence, l’accueil chaleureux des communautés le soir autour d’un repas : ça m’a marqué à vie. Mes parents étaient ravis quand je le leur ai raconté.
État d’urgence
Tous les jeunes devraient vivre ça ! C’est pourquoi lorsqu’on m’a proposé de rejoindre l’équipe d’organisation l’an prochain, j’ai dit « oui » sans hésitation. Ce sera un défi : nous traverserons une zone où des combats ont encore éclaté récemment. Le président y a décrété l’état d’urgence. Il faudra scrupuleusement respecter les consignes de sécurité … Vos prières et soutiens financiers seront précieux.
MUJJA SUMAYAH WANI HASSAN
J’ai 18 ans, je suis Kuku de l’Equatoria-Central. J’ai grandi à Bugiri, un petit village ougandais. J’ai peu vécu avec mes parents : mon père nous a abandonnés, et ma mère est venue au Soudan du Sud pour subvenir à nos besoins. J’ai suivi mes études primaires et secondaires à Loreto Rumbek. Je travaille là-bas comme stagiaire depuis deux ans — ça me permet de construire mon rêve (devenir chirurgienne) tout en aidant ma mère à s’occuper de mes frères et sœurs.
Un nouveau chemin
J’ai découvert le pèlerinage en 2023 lors de la visite du pape François, mais j’étais trop jeune. L’an dernier, comme stagiaire, j’ai pu y aller. Et je ne l’ai pas regreué !
Ce qui m’a frappée d’emblée, c’était de marcher avec tant de jeunes différents. J’ai compris que la paix, c’est bien plus que « ne pas se disputer avec son voisin ». C’est aussi l’aider, partager son repas, lui tendre la main quand il tombe.
Le dernier moment de prière silencieuse vers l’arrivée restera gravé en moi. En repensant à tout ce vécu, j’ai réalisé à quel point ma foi avait grandi. Moi qui n’étais ni catholique ni pratiquante, j’ai soudain senti que quelque chose avait changé. J’avais rencontré Dieu. Il m’a montré un nouveau chemin, et je ne veux plus m’en écarter. Après le pèlerinage, j’ai commencé à me préparer aux sacrements — même si je ne suis pas encore baptisée.
Maman heureuse
Quand j’ai annoncé à ma mère que je partais en pèlerinage, elle n’était … pas enthousiaste. Mais quand je lui ai dit après coup que je voulais être baptisée catholique, elle a été surprise et contente. Nous ne l’avions jamais été à cause de mon père musulman.
Maintenant, je vois encore mieux pourquoi ce pèlerinage est crucial : c’est une chance unique pour des jeunes comme moi de trouver le Christ. Alors l’an prochain, j’y retourne avec joie. Devinez quoi ? On m’a proposé de faire partie de l’équipe d’encadrement !