Les Œuvres Pontificales Missionnaires au service de l’universalité de la mission de l’Église

Réunis en Assemblée générale du 27 mai au 3 juin 2026, les responsables internationaux et les directeurs nationaux des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) se sont réjouis des prochaines célébrations du centenaire de la Journée mondiale des missions, tout en dressant un état des lieux sans complaisance de la mission de l’Église aujourd’hui. Entre encouragements, défis financiers et appel à un nouvel élan missionnaire, les travaux ont confirmé la volonté de faire de la solidarité entre les Églises un pilier du pontificat de Léon XIV.

Le contexte ne pouvait être plus symbolique. Cent ans après l’institution de la Journée mondiale des missions par le pape Pie XI, les responsables des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) se sont retrouvés dans la Ville éternelle pour leur Assemblée générale annuelle. Une rencontre placée sous le signe de l’espérance, mais aussi de la responsabilité, alors que l’Église universelle vit la première année du pontificat du pape Léon XIV.

Durant plusieurs jours, directeurs nationaux, responsables des OPM et représentants du Saint-Siège ont évalué les actions menées dans les territoires de mission, examiné les demandes de financement venues du monde entier et réfléchi aux priorités pastorales pour les années à venir.

Lees interventions des différents participants, notamment celles des Secrétaires généraux des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires (POPF, POSPA, OPEM, UPM), ont d’emblée donné le ton de cette rencontre : la mission reste plus que jamais une urgence ecclésiale, dans un monde fragilisé par les guerres, les fractures sociales et les crises économiques.

Le souffle du pape Léon XIV

Le premier anniversaire du pontificat du pape Léon XIV a largement marqué les échanges. Ancien missionnaire et évêque au Pérou, le Saint-Père connaît les réalités du terrain. Son expérience nourrit une vision de l’Église tournée vers les périphéries, attentive aux peuples qui découvrent encore l’Évangile et soucieuse de promouvoir la paix dans un monde divisé.

Le thème retenu pour la prochaine Journée mondiale des missions — « Un en Christ, unis pour la mission » — résume cette orientation. Pour le pape, l’annonce de l’Évangile ne peut porter du fruit que si les communautés chrétiennes vivent elles-mêmes la communion, le dialogue et la réconciliation. Les responsables des OPM voient dans cette orientation une invitation à renouveler leur engagement auprès des jeunes Églises d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique latine, où les besoins demeurent immenses.

Une œuvre encore trop discrète

L’un des constats les plus marquants de cette Assemblée générale est sans doute celui de la faible notoriété des Œuvres pontificales missionnaires.

Malgré leur présence dans plus de 120 pays et leur rôle essentiel dans le financement des diocèses de mission, les OPM restent peu connues de nombreux catholiques. Dans plusieurs régions d’Europe et des Amériques, elles peinent encore à trouver leur place dans la vie ordinaire des paroisses.

Les Secrétaires généraux ont donc appelé les directeurs nationaux à renforcer leur proximité avec les évêques, les prêtres, les communautés religieuses et les fidèles afin de mieux faire connaître la vocation des OPM.

Au-delà de la traditionnelle quête de la Journée mondiale des missions, il s’agit surtout de développer une véritable culture missionnaire, où chaque baptisé se sent responsable de l’annonce de l’Évangile jusque dans les régions les plus éloignées. « La mission demande aujourd’hui de l’audace, de la créativité et de la persévérance », ont souligné les uns et les autres.

Des signes encourageants pour la solidarité missionnaire

Sur le plan financier, l’année 2025 apporte une note d’espérance. La collecte mondiale organisée à l’occasion de la Journée des missions a atteint 76,6 millions de dollars, auxquels s’ajoutent plus de 1,4 million de dollars issus des intérêts des fonds confiés aux Œuvres. Le total dépasse ainsi 78 millions de dollars, soit une progression sensible par rapport à l’exercice précédent.

Les responsables saluent notamment la générosité de plusieurs directions nationales, en particulier celle des États-Unis, qui a largement contribué à cette augmentation. En revanche, certaines Églises européennes enregistrent une baisse des contributions, reflet des difficultés économiques mais aussi des mutations de la pratique religieuse.

Grâce aux réserves constituées les années précédentes, les ressources disponibles pour 2026 devraient atteindre environ 80,8 millions de dollars, permettant de maintenir un niveau élevé de soutien aux territoires de mission.

Derrière les chiffres, des milliers de communautés soutenues

Les statistiques présentées à Rome donnent la mesure de l’action menée.

Cette année, 3.558 demandes de subventions ont été examinées. Elles concernent la construction d’églises et de chapelles, la formation des séminaristes, le soutien aux catéchistes, les programmes pastoraux, l’aide aux diocèses récemment créés ainsi que de nombreux projets éducatifs et sociaux.

Les Œuvres pontificales missionnaires continueront également d’apporter leur soutien financier à plusieurs institutions indispensables à la vie missionnaire de l’Église, parmi lesquelles Domus Missionalis, l’Œuvre Pontificale de Saint-Pierre-Apôtre et l’Union Pontificale Missionnaire.

À travers ces financements, c’est toute une chaîne de solidarité qui relie les communautés chrétiennes des cinq continents.

Voir le graphique qui donne un aperçu général, et pour chaque continent, des sommes récoltées et reçues au cours de l’année 2025.

Une exigence de transparence

L’autre priorité mise en avant par l’Assemblée générale concerne la gestion des fonds. Les responsables des OPM souhaitent renforcer les mécanismes de contrôle afin de garantir une utilisation rigoureuse des dons confiés par les fidèles. Les diocèses bénéficiaires devront désormais transmettre les accusés de réception et les rapports financiers selon des procédures harmonisées.

Cette exigence n’est pas présentée comme une simple contrainte administrative, mais comme une condition essentielle de la confiance entre les Églises donatrices et les Églises bénéficiaires.

Les responsables rappellent que chaque offrande déposée lors de la Journée mondiale des missions représente un geste de solidarité accompli par des millions de catholiques à travers le monde. À ce titre, chaque dollar confié aux Œuvres missionnaires doit être utilisé avec la plus grande transparence.

Une mission qui regarde l’avenir

Au-delà des budgets et des statistiques, cette Assemblée générale aura surtout rappelé une conviction : la mission demeure l’une des priorités fondamentales de l’Église. Dans un monde traversé par les violences, les migrations, les inégalités et les crises humanitaires, les responsables des Œuvres pontificales missionnaires veulent maintenir vivante cette intuition née au XIXe siècle : faire de chaque Église locale une partenaire de la mission universelle.

À l’heure où le pape Léon XIV appelle les catholiques à devenir des artisans de communion, les OPM entendent poursuivre leur vocation première : soutenir les jeunes Églises, accompagner les missionnaires et permettre à l’Évangile de rejoindre les peuples qui attendent encore d’en entendre l’annonce.

Cent ans après la première Journée mondiale des missions, le message demeure d’une étonnante actualité : la mission n’est pas l’affaire de quelques spécialistes. Elle est la responsabilité de toute l’Église.