L’Église au Sénégal

L’Église du Sénégal est honorée d’être mise à l’honneur par la Belgique. Le Père Raphaël Ndiaye, directeur des OEuvres Pontificales Missionnaires du Sénégal et de la Mauritanie, nous écrit à ce propos.

« À l’Église-soeur de Belgique, à tous ceux qui font partie du Peuple de Dieu en Belgique : que Dieu, notre Père, et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent grâce et paix » (2 Co 1, 1-2).

C’est en paraphrasant ces paroles tirées de la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens que je vous adresse nos salutations fraternelles, dans la foi qui nous est commune.

Je voudrais brièvement retracer l’histoire de notre Église au Sénégal. L’évangélisation de notre pays a commencé dès le XVe siècle, lorsque des missionnaires sont arrivés sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest. Cette mission s’est davantage structurée au XXe siècle. Bien que l’islam fût déjà très présent depuis le XIe siècle et que la grande majorité de la population soit aujourd’hui musulmane, le message chrétien a été progressivement accepté. Cela s’est produit en partie grâce à l’ouverture d’esprit des dirigeants locaux, qui ont autorisé les missionnaires à s’installer et à mener des actions sociales.

L’Église s’est surtout développée grâce à son engagement dans l’éducation, la santé et les projets de développement. Ces activités, accessibles à tous, indépendamment de la religion ou de l’origine, ont été très appréciées et ont contribué à ancrer l’Église dans la société. Même après l’indépendance du Sénégal en 1960, l’Église est restée un acteur social important. Il est à noter que le premier président, Léopold Sédar Senghor, était catholique, ce qui témoigne d’une tolérance interreligieuse particulière.

Aujourd’hui, le Sénégal compte un archidiocèse et six diocèses, et l’Église est présente sur l’ensemble du territoire. Elle joue un rôle important en tant qu’acteur social et médiateur dans les conflits, aux côtés des chefs religieux islamiques et traditionnels. Par l’intermédiaire d’organisations telles que Caritas, elle apporte son soutien à l’État, en particulier dans les régions reculées et pauvres. L’Église au Sénégal est considérée comme un signe d’espoir, car elle contribue au développement humain et à la qualité de vie.

Elle est toutefois confrontée à des défis majeurs. D’une part, il est nécessaire de mieux intégrer l’Évangile dans les cultures locales, qui entrent parfois en conflit avec les valeurs chrétiennes. D’autre part, la pauvreté reste un problème majeur, ce qui fait que de nombreux diocèses dépendent d’une aide extérieure. Des thèmes tels que la justice et la paix requièrent également une attention constante.

Les besoins de l’Église concernent principalement la formation des agents pastoraux, les infrastructures (telles que les chapelles dans les régions isolées) et le soutien aux projets de développement. Malgré ces défis, l’Église continue de s’agrandir, avec un nombre croissant de fidèles et de structures pastorales actives.

Une caractéristique particulière du Sénégal est la forte harmonie interreligieuse qui y règne. Chrétiens et musulmans cohabitent pacifiquement, souvent au sein d’une même famille. Cette culture du dialogue et du respect mutuel fait du Sénégal un modèle dans une région qui, dans d’autres contextes, est en proie à des conflits.

L’Église du Sénégal est honorée de participer à la campagne missionnaire 2026-2027 en Belgique. Elle rend grâce au Seigneur pour la diversité et l’unité de l’Église universelle. Elle exprime sa gratitude à ses frères et soeurs chrétiens de Belgique pour la solidarité qu’ils lui manifestent.

« Nous rendons grâce à Dieu pour vous tous, chaque fois que nous mentionnons vos noms dans nos prières. » (1 Th 1, 2-3).

Fraternellement dans le Christ !

 

P. Raphaël Ndiaye
Directeur Oeuvres Pontificales Missionnaires du Sénégal et de la Mauritanie