100e Journée Mondiale des Missions : Un jubilé qui ouvre l’avenir

Le centenaire de la Journée mondiale des missions (1926–2026) est bien plus qu’un anniversaire. Il est un jubilé, c’est-à-dire un temps de grâce, de mémoire et de renouveau. Il nous invite à regarder avec gratitude le chemin parcouru, à renouveler notre engagement aujourd’hui, et à ouvrir avec espérance les portes de l’avenir.

Un jubilé qui rappelle un passé

En 1926, le pape Pie XI instituait cette journée pour soutenir l’élan missionnaire de toute l’Église. Dans l’esprit des premiers appels, résonne une invitation simple et forte : prier, donner, et se sentir responsable de l’annonce de l’Évangile dans le monde entier. Déjà, l’Église encourageait les fidèles à prier pour les missions et à donner généreusement, afin que la foi soit portée jusqu’aux extrémités de la terre.

Depuis lors, combien de fruits ont mûri grâce à cette initiative de solidarité de l’Église universelle ! Dans les quatre coins du monde, tant de communautés démunies ont été soutenues. Des églises ont été construites, des séminaires et des maisons de formation ont vu le jour, formant d’innombrables responsables : évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, catéchistes et laïcs engagés. Des écoles ont été ouvertes, des hôpitaux construits, des orphelinats accompagnés.

Ainsi, génération après génération, les chrétiens se sont portés les uns les autres. Ce réseau discret mais puissant de foi et de charité a façonné le visage missionnaire de l’Église. Devant une telle fécondité, un seul mot monte du coeur : merci. Ce centenaire est profondément un moment d’action de grâce.

Un jubilé qui engage le présent

Célébrer ne signifie pas s’arrêter. Le monde a changé, les contextes de la mission aussi. Pourtant, une chose demeure : la mission continue.

Comme le rappelait le pape François, les frontières ne sont plus seulement géographiques. Elles sont aussi culturelles, sociales, existentielles. L’Évangile est appelé à rejoindre des coeurs parfois éloignés, parfois blessés, souvent en quête de sens.

Le pape Léon XIV nous le rappelle aussi avec force : « le monde a encore besoin de missionnaires ». Et cette mission n’est pas réservée à quelques-uns. Elle concerne chaque baptisé. Elle commence dans la vie quotidienne : un geste de fraternité, une parole qui relève, une présence fidèle auprès des plus fragiles. La Journée mondiale des missions – communément appelée Dimanche des Missions demeure aujourd’hui un signe vivant de la solidarité de l’Église universelle. Elle nous rappelle que nous formons un seul corps, où chacun porte le souci de l’autre. Notre générosité, même modeste, devient une semence d’Évangile ailleurs dans le monde.

En Belgique, cette dimension missionnaire s’est incarnée de manière concrète et fidèle. Une belle tradition s’est développée : chaque année, un pays est mis à l’honneur. Par la prière, les témoignages, les collectes et les rencontres, les paroisses ou unités pastorales, les communautés religieuses et autres communautés des fidèles découvrent une Église soeur et s’engagent à la soutenir.

Cette pratique a façonné une véritable culture de solidarité missionnaire. Elle rend visible l’universalité de l’Église. Elle nous rappelle que la mission a des visages, des histoires, des peuples. Et qu’à travers ces liens, ce sont des générations qui se soutiennent mutuellement.

Un jubilé qui ouvre l’avenir : « Allez ! »

En ce jubilé, nous entendons à nouveau l’appel du Christ : « Allez ! » Allez avec confiance. Allez ensemble. Allez jusqu’aux périphéries visibles et invisibles de l’humanité.

Ce centenaire est un appel à repartir. L’avenir de la mission ne dépend pas d’abord des structures, mais de coeurs disponibles. Les jeunes générations ont un rôle essentiel à jouer. Elles apportent une créativité nouvelle, une sensibilité aux réalités du monde, un désir d’authenticité qui peut renouveler l’élan missionnaire. Les défis sont nombreux : pauvreté spirituelle et matérielle persistante, crises humanitaires, mutations culturelles, monde numérique, etc. Mais ces défis sont aussi des appels. L’Esprit Saint précède toujours l’Église dans sa mission et ouvre des chemins inattendus.

Notre solidarité demeure la force de notre Église. Tant que des hommes et des femmes n’auront pas entendu la Bonne Nouvelle, tant que des personnes vivront dans la solitude, l’injustice ou le désespoir, la mission restera une urgence… et aussi une source de joie.

En cette 100e Journée mondiale des missions, que chacun de nous se laisse renouveler dans sa vocation missionnaire.

Dans l’action de grâce pour le passé, dans l’engagement au présent et dans l’espérance pour l’avenir, avançons ensemble : unis dans le Christ, ensemble en mission.