« L’action est avant tout une initiative pastorale », commence Klinges, « destinée à tous les enfants de la 3e année du primaire jusqu’à l’âge d’environ 14 ans. Ils sont tous invités à y participer, ce qui représente environ 900 enfants. »
Le curé peut compter sur un groupe de 80 à 90 adultes, pour la plupart des parents, qui contribuent à rendre cette initiative possible. « Ce n’est pas une collecte de fonds », souligne-t-il, « mais une mission confiée à des enfants qui vont bénir les maisons, tout en chantant et en sollicitant un petit don pour les projets concernant d’autres enfants démunis soutenus par Missio. »
Comment vous y prenez-vous ?
Notre longue tradition nous apporte l’expérience nécessaire. Tout commence en fait le dernier mercredi d’octobre, lorsque tous les bénévoles se réunissent à l’église de Bütgenbach. Le projet y est présenté, accompagné d’un film. Tout le matériel provient de Missio-Aachen, qui possède une riche tradition dans l’organisation de cette action. Lors de cette réunion, une attention particulière est accordée aux nouveaux responsables – il y en a quelques-uns chaque année – afin qu’ils puissent eux aussi porter l’action.
Cette initiative s’inscrit-elle dans un projet de catéchèse ?
Il s’agit d’une initiative de la communauté chrétienne destinée à tous les enfants, dont l’objectif principal est d’apporter la bénédiction dans les foyers. Nous allons littéralement de porte en porte, on sonne partout, généralement le samedi ou le dimanche après le 6 janvier. Tous les enfants âgés de 9 à 14 ans y participent. Ils se déplacent par groupes de trois, tout comme Gaspard, Melchior et Balthazar se sont rendus à Bethléem, l’un d’entre eux portant l’étoile. S’il s’agit uniquement de jeunes enfants, généralement encadrés par un adulte qui les conduit en voiture vers les maisons ou les hameaux les plus éloignés.
Comment cela se passe-t-il concrètement ?
En fait, la distribution du matériel disponible commence par l’envoi d’une lettre d’encouragement de notre évêque. Chaque bénévole reçoit cette lettre à domicile indiquant que tout le matériel est disponible. Ils peuvent alors le commander ; il s’agit notamment des autocollants avec la bénédiction des maisons, des feuilles de chants, etc. Le matériel est également disponible lors de la réunion des responsables à l’église de Bütgenbach et leur est remis à cette occasion. Le travail commence alors dans chaque unité pastorale par deux ou trois réunions avec les enfants. L’initiative est expliquée, le film de la campagne est visionné ensemble afin d’être bien préparés pour partir en mission. Le jour même, nous commençons le matin par une célébration missionnaire dans les églises paroissiales. Il s’agit d’un service de la Parole auquel assistent tous les groupes de l’unité pastorale et leurs accompagnateurs. À Bütgenbach, cela concerne environ 110 enfants, et même 200 dans notre commune voisine d’Amel. Les chanteurs déguisés emportent le matériel et partent en groupe, accompagnés de leurs animateurs. Lorsque la porte s’ouvre, ils chantent un chant et apposent la bénédiction « 20*C+M+B+26 » (Christus Mansionem Benedicat / Christ bénisse cette maison), autrefois à la craie, aujourd’hui avec un autocollant. Celui-ci reste affiché pendant au moins un an (si vous vous promenez dans les Cantons de l’Est, vous le verrez effectivement affiché à de nombreux endroits) voire plusieurs années, s’ils ne recouvrent pas celui de l’année précédente.
Et ensuite ?
Nous terminons généralement par un repas pris en commun avec tout le groupe. C’est l’unité pastorale qui décide de ce que nous mangeons. Ici, chez nous à Bütgenbach, ce sont généralement des frites accompagnées de saucisses knack et de compote de pommes. Le dimanche suivant, on remercie explicitement les participants lors de la célébration et on annonce également la somme récoltée. Ainsi, toute la communauté est impliquée.
Est-ce que les écoles organisent quelque chose en lien avec cette action ?
Certaines écoles y participent. Le thème et l’action sont alors préparés avec les enfants pendant le cours de religion. C’est donc le travail du professeur de religion.
Et qu’en est-il des déguisements ?
Ils sont confectionnés par des bénévoles ou les parents des enfants et durent des années. Nous demandons toujours de les ramener lavés à la paroisse afin qu’ils soient rangés en sécurité et attendent une année avant d’être réutilisés. De temps en temps, un nouveau costume ou un nouvel accessoire vient s’ajouter. Nous avons donc toujours suffisamment de costumes. Quant aux coiffes, elles varient entre couronne et turban, parfois complétées par un bonnet chaud, car il peut aussi faire froid ici.
Y a-t-il ensuite une évaluation ou un moment de remerciement ?
Missio-Aachen envoie toujours une lettre de remerciement que nous transmettons ensuite aux enfants et aux responsables. Une cérémonie officielle de remerciement avec réception au Parlement germanophone a lieu le premier mercredi après les vacances de Noël. Un petit groupe de trois chanteurs est attendu de chacune des neuf unités pastorales. Ils y fournissent aux élus des informations sur le projet et les résultats sont également annoncés. C’est toujours un beau moment qui se termine autour de viennoiseries et de chocolat chaud.
Vient ensuite, organisée par Missio Aachen, une réception au Parlement européen à Bruxelles. Outre une délégation belge des Cantons de l’Est, il y avait cette année des délégations venues d’Autriche, d’Allemagne, de Roumanie, de Hongrie et d’Italie. Les participants bénéficient d’une visite guidée du Parlement et donnent des informations aux députés sur le projet qu’ils ont soutenu. Cette réception se termine par une séance photo obligatoire.
Une belle récompense pour votre engagement !
Il est important de dire merci. Chaque année, les contributions aux projets augmentent. Cette année, nous avons récolté plus de 131 000 euros. La première fois que j’ai organisé cette action pour toutes les paroisses des Cantons de l’Est, c’était en 2010. À l’époque, les recettes s’élevaient à près de 80 000 euros. C’est tout de même formidable que nous puissions réaliser cela.
Merci pour cette belle initiative qui a donné un résultat formidable. Espérons que cela incitera d’autres régions à faire quelque chose pour les enfants qui sont moins bien lotis que les nôtres.