Journée de l’Afrique : l’éducation au Burundi face à des défis majeurs

L’éducation ouvre des portes, mais au Burundi, celles-ci restent fermées pour de nombreux enfants en raison de la pauvreté et du manque de moyens. Grâce à votre soutien, les écoles peuvent être renforcées, les enseignants soutenus et les jeunes bénéficier de nouvelles opportunités. À l’occasion de la Journée de l’Afrique, le premier week-end de janvier, nous vous invitons à contribuer à la construction d’un avenir prometteur pour la jeunesse burundaise.

 

L’Abbé Aristide Ndyabuheze, directeur du Bureau national de l’enseignement catholique au Burundi, nous présente la situation de l’éducation dans son pays.

Comment l’enseignement est-il organisé au Burundi ?

L’enseignement libre est subventionné par l’État dans le cadre d’une convention. La plupart des écoles catholiques en font partie. Toutes les écoles fonctionnant sous convention avec l’État doivent accepter tous les enfants, quelle que soit leur confession religieuse. Il existe également l’enseignement public et l’enseignement privé ; ce dernier est payant et ne reçoit pratiquement aucune subvention de l’État.

Y a-t-il des différences entre l’enseignement en ville et à la campagne ?

Sur le plan structurel, il n’y a pas de grandes différences, mais il en existe en termes de qualité. Par exemple, le manque d’électricité à la campagne rend l’enseignement difficile. De plus, le soir, il n’y a pas de lumière à la maison pour étudier. Les longues distances à parcourir pour se rendre à l’école constituent souvent aussi un obstacle et ont une influence négative sur la qualité de l’enseignement.

Qu’en est-il de la formation des enseignants ?

À l’exception des professeurs d’université, les enseignants suivent des formations dans des Écoles Normales Supérieures (ENS), des Écoles d’Enseignement Pratique et des Écoles Supérieures de Pédagogie, afin d’acquérir la formation requise pour enseigner à leurs niveaux respectifs.

Et leur salaire est-il suffisamment motivant ?

La rémunération n’est certainement pas motivante. Elle oscille entre 300 000 francs burundais (85 euros) pour les moins qualifiés, et le double pour les enseignants les mieux payés.

Quels sont les principaux défis auxquels est confronté l’enseignement catholique au Burundi ?

Ils sont nombreux. J’en cite quelques-uns : l’insuffisance et la vétusté des infrastructures scolaires, le manque de matériel pédagogique, l’abandon des études dû à la pauvreté (la scolarité obligatoire ne s’étend que jusqu’à 14 ans), l’utilisation très limitée des TIC, ainsi que la pénurie d’enseignants pour mener à bien le projet d’une éducation humaine et chrétienne. Il reste donc beaucoup à faire pour offrir à nos enfants et à nos jeunes l’éducation à laquelle ils ont droit.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’éducation au Burundi et quelle est son importance pour la jeunesse ?

L’avenir de l’éducation burundaise devrait s’orienter vers un enseignement plus centré sur l’humain, inclusif et axé sur la formation professionnelle, fondé sur des valeurs morales et chrétiennes, du moins pour l’enseignement catholique. Chaque élève est appelé à jouer un rôle actif dans sa propre formation et occupe une place centrale dans son parcours scolaire. L’avenir de la jeunesse dépendra donc fortement de la capacité du pays à améliorer la qualité de l’enseignement, à mieux former et rémunérer les enseignants, à réduire les disparités entre les zones urbaines et rurales, et à investir dans de meilleures infrastructures et des formations professionnelles tournées vers l’avenir.