Au Sénégal et dans les pays voisins, « se réunir sous un arbre » signifie bien plus qu’un simple rassemblement. L’arbre représenté sur l’affiche est un baobab, également appelé « arbre de vie ». Pour de nombreuses communautés, cet arbre est sacré. Il constitue un lieu central pour les rassemblements, les rituels et les cérémonies.
Sa taille gigantesque – le tronc peut atteindre 15 m de diamètre et l’arbre mesurer jusqu’à 25 m de haut – et sa longue durée de vie, parfois supérieure à mille ans, font du baobab un symbole de force, de stabilité et de croissance intérieure. Il doit son nom d’« arbre de vie » à l’énorme réserve d’eau contenue dans son tronc, qui lui permet de survivre dans les régions les plus arides. Il incarne ainsi spirituellement la force vitale, la résilience et la capacité de continuer à croître, même dans des conditions difficiles.
Au-delà de leur apparence physique impressionnante, les baobabs sont les témoins vivants d’un passé lointain. Certains ont plus de mille ans. Chaque ride sur l’écorce du baobab murmure des histoires qui traversent les générations ! Les habitants appellent affectueusement les arbres les plus anciens « Kuka » – grand-parent – en reconnaissance de leur sagesse et de leur constance. Les baobabs ont marqué l’histoire de la culture africaine : c’est là que les conflits se règlent, que les histoires se transmettent et que la communauté se renforce.
Ce n’est donc pas un hasard si toutes les générations se retrouvent sous un tel arbre. Le baobab offre son ombre aux gens sous un soleil de plomb, dans un paysage aride et sec. C’est un lieu de rencontre ouvert et accueillant pour tous. Sur l’affiche, on voit comment son ombre offre un abri pour la catéchèse, où jeunes et moins jeunes apprennent et grandissent ensemble dans la foi. L’image est simple, mais profondément significative : la foi se vit, se partage et se célèbre en communauté, dans la proximité, dans la vie de tous les jours.
Au Sénégal – et dans toute l’Afrique – les catéchistes remplissent une mission indispensable au sein de l’Église. Ils dispensent la catéchèse aux enfants, aux jeunes et aux adultes, et travaillent en étroite collaboration avec les prêtres dans les paroisses. D’une certaine manière, on peut les comparer aux assistants paroissiaux chez nous, mais avec une grande différence : la plupart du temps, ils ne reçoivent aucune rémunération, ou seulement une très modeste. Lorsque des fonds sont disponibles, ils sont souvent prioritairement investis dans du matériel de catéchèse. Et lorsqu’une rémunération est tout de même versée, elle ne dépasse parfois pas 19 euros par mois.
Le prêtre Adrien Papa Sarr, responsable diocésain de la catéchèse du diocèse de Kaolack, les qualifie d’animateurs communautaires et de témoins de la foi. On pourrait même dire que les catéchistes sont les héros discrets de la foi en Afrique.
Se réunir sous un baobab est souvent un moment de formation. Si vous regardez attentivement, vous découvrirez sur l’affiche plusieurs catéchistes tenant une Bible en main. Le jeune homme, un jeune prêtre, debout, dispense ici un enseignement biblique. Par ailleurs, des sessions de formation sont également organisées sur la constitution d’équipes ou la catéchèse spécifique à certains groupes d’âge ou à d’autres publics cibles, ou encore sur la manière d’animer un moment de prière, etc.
La photo complète – celle qui figure sur l’affiche a été légèrement recadrée pour s’adapter au format de l’affiche – montre également des enfants qui se joignent à cette rencontre. Le prêtre Robert Dion, responsable de la catéchèse dans le diocèse de Tambacounda, se risque à dresser une liste des lieux privilégiés pour la catéchèse : la communauté chrétienne, les familles chrétiennes, le catéchuménat baptismal, la paroisse, les écoles catholiques, les associations ecclésiales, les mouvements et les groupes.
Tout comme un baobab, les catéchistes veillent à ce que la foi soit profondément enracinée. Ils la transmettent et la préservent. Est-ce un hasard si les OEuvres pontificales missionnaires du Sénégal et de Mauritanie ont choisi un baobab pour leur logo ? Ils transmettent des récits d’espoir et offrent un refuge à ceux qui cherchent Dieu, un sens et une direction. Les catéchistes ne sont pas de simples collaborateurs, mais des acteurs à part entière de l’évangélisation. Avec peu de moyens ils apportent l’espoir, accompagnent leurs communautés et maintiennent la foi vivante. Sans eux, l’évangélisation en Afrique, et dans le monde, n’aurait jamais eu le même impact.
Et pourtant, ils restent souvent invisibles. Quand on parle des « héros » de l’évangélisation, on pense généralement aux missionnaires, aux prêtres ou aux religieux. Les catéchistes restent trop souvent dans l’ombre. Ce sont pourtant eux qui, même ici chez nous, transmettent jour après jour la foi dans les villes et les villages, les régions reculées ainsi que les quartiers animés.
Être catéchiste ne s’improvise pas. Tout comme les prêtres et les religieux, les catéchistes répondent à un appel du Christ.
Partout en Afrique, ils sont le coeur battant de la communauté de foi. Dans les villages reculés, ils parcourent de longues distances pour animer des célébrations de prière, proclamer la Parole, préparer les fidèles aux sacrements et maintenir la cohésion de leur communauté. Ils enterrent les morts, accompagnent les vivants et protègent leurs communautés contre la division et l’indifférence. Souvent, ils combinent cet engagement avec les travaux champêtres ou une autre profession, afin de subvenir aux besoins de leur famille. Les catéchistes sont également actifs dans les villes : des femmes et des hommes qui, en plus de leur travail, trouvent le temps de donner des cours de catéchèse le week-end. Leur engagement est grand, mais il est encore trop souvent sous-estimé.
La reconnaissance de leur vocation revêt donc une importance capitale, non seulement pour l’Afrique, mais aussi pour l’Église tout entière. Car là où l’Évangile se développe, là où les communautés vivent, ce sont souvent ces hommes et ces femmes qui, dans le silence et la fidélité, font la différence. Du diocèse de Thiès, nous avons reçu un rapport de l’abbé Raymond Boucar Ndione sur la catéchèse, dont l’extrait suivant sert de conclusion à notre propos : « Malgré les grandes distances, les catéchistes s’engagent avec créativité et persévérance pour la formation intégrale des enfants. La catéchèse est une responsabilité partagée – vive la catéchèse ! Les catéchistes sont, en toute simplicité et avec dévouement, les héros discrets et les transmetteurs de la foi. »