Méditation biblique du 7 octobre

Mémoire de Notre-Dame du Rosaire

27e semaine de l’année – Année paire

Gal 2, 1-2.7-14 ; Ps 117 ; Lc 11, 1-4

Le désaccord entre Paul et Pierre a dû être particulièrement grave s’il a conduit à la confrontation directe décrite par Paul lui-même dans la Lettre aux Galates. Selon le récit de Luc dans les Actes des Apôtres, Pierre fut le premier à se rendre compte qu’il n’était pas nécessaire d’exiger des païens venus au Christ qu’ils observent les lois alimentaires et rituelles de la Loi mosaïque. C’est pourquoi, comme le rappelle Paul, tout en restant personnellement fidèle à ces lois, Pierre se sentait libre de les mettre de côté afin de partager des repas communautaires avec des chrétiens issus de milieux païens.

Paul, lui aussi, dans sa Lettre aux Romains, soutient cette position. S’il critique Pierre, c’est parce que celui-ci, à un certain moment, par crainte des chrétiens d’origine juive qui pensaient différemment, avait fait marche arrière, créant ainsi une fracture au sein de la communauté. L’histoire de ce conflit entre Paul et Pierre met en lumière l’importance de toujours rechercher sincèrement ce qui fonde véritablement l’unité des croyants entre eux et avec le Christ. C’est dans ce sens que dans son Message pour la Journée mondiale des missions 2026, le pape Léon écrit : « Être chrétien ne relève pas avant tout de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ […] Cette union donne naissance à une communion mutuelle entre les croyants et est la source de toute fécondité missionnaire. »

Si nous voulons maintenant savoir ce qui est essentiel dans le christianisme, la prière enseignée par Jésus — le Notre Père — telle qu’elle est rapportée dans le passage de l’Évangile peut nous aider. Dans celle-ci, il nous apprend à invoquer Dieu comme Père : cela présuppose naturellement la conscience que tous les êtres humains sont frères et sœurs, dotés des mêmes droits et devoirs, et qu’ils doivent donc toujours se respecter et s’aimer les uns les autres. La sanctification du nom de Dieu exprime, en accord avec le langage du prophète Ézéchiel, l’espérance d’un monde meilleur, le royaume de Dieu, pour lequel il vaut la peine de lutter. Par conséquent, elle affirme la nécessité d’une répartition juste du pain — c’est-à-dire des biens de la terre — entre tous, et du pardon mutuel des péchés ; enfin, elle demande l’aide pour être libéré de la tentation, c’est-à-dire de l’illusion de pouvoir rendre le monde meilleur par l’exercice du pouvoir. Tel est le message fondamental que Jésus a confié à son Église et dont les missionnaires témoignent à travers le monde.