27e semaine de l’année – Année paire
La Parole de Dieu place aujourd’hui la mission au cœur même de la foi. Dans l’épître aux Galates, Paul confronte les Galates à une question incisive : « Avez-vous reçu l’Esprit par les œuvres de la loi ou par la foi en ce que vous avez entendu ? » (Gal 3, 2). La mission ne commence pas par l’effort humain ou le respect des rites, mais par la docilité à l’Esprit. Lorsque la foi se réduit à une observance extérieure, la mission se flétrit. Lorsque la foi reste une rencontre avec le Christ vivant, l’Esprit continue d’agir, de transformer et d’envoyer. Comme nous le rappelle Ad gentes, l’Église est « missionnaire par nature », née de l’envoi du Fils et de l’Esprit (AG 2).
Le « Benedictus » de Zacharie (Lc 1, 69-75) inscrit la mission dans la fidélité salvatrice de Dieu. Dieu visite et rachète son peuple, non pas pour l’enfermer dans un privilège, mais pour le libérer « des mains de ses ennemis » afin qu’il puisse servir sans crainte, dans la sainteté et la justice. La mission est une libération en vue du service. Comme le soulignent les récentes réflexions missionnaires, l’Église ne se proclame pas elle-même, mais rend témoignage à Dieu qui reste fidèle à ses promesses et à l’écoute des cris de l’humanité (cf. Pape François, Message pour la Journée mondiale des missions 2024 ; voir aussi 2 Co 4, 5).
Dans l’Évangile (Lc 11, 5-13), Jésus présente la prière comme une confiance audacieuse et persévérante. Le disciple missionnaire est celui qui frappe sans relâche à la porte, confiant que le Père ne donne pas des pierres, mais l’Esprit Saint. La mission n’est pas soutenue par la seule stratégie, mais par une prière qui ose demander. Comme l’affirme Ad gentes, l’Esprit est l’acteur principal de la mission, préparant les cœurs et guidant les évangélisateurs (cf. AG 4).
Dans un monde marqué par la lassitude et la peur, les lectures d’aujourd’hui appellent l’Église à renouveler son zèle missionnaire : faire confiance à l’Esprit, servir librement et prier avec persévérance. Seule une Église enracinée dans la foi, la prière et l’espérance peut véritablement proclamer le Christ à toutes les nations.