
Soeur Bernadette Marie-Jean Thiam, membre de la Congrégation des Soeurs du Saint-Coeur de Marie au Sénégal, est arrivée en Belgique en 2017 pour étudier la théologie pastorale à l’Institut Lumen Vitae. Depuis 2019, elle est accompagnatrice spirituelle en pastorale de la santé. En 2022, elle a reçu la mission d’accompagner les équipes de visiteurs auprès des malades, des personnes seules et âgées dans le diocèse de Liège.
Comment vivez-vous votre mission dans le diocèse de Liège ?
Je voudrais d’emblée souligner l’accueil très chaleureux reçu dans le diocèse de Liège. J’exprime toute ma gratitude à Monseigneur Delville, à l’équipe du diocèse ainsi qu’à l’équipe vicariale de la santé pour leur hospitalité.
Je vis cette mission dans la joie de l’hospitalité et la compassion : être accompagnatrice spirituelle en milieu hospitalier demande beaucoup d’empathie envers des personnes en souffrance. Jésus-Christ est ma Lumière, l’Esprit Saint mon conseiller ; toutes mes actions prennent source en Dieu. J’invoque son assistance avant mes visites auprès des personnes en situation de fragilité et je me sens portée par une équipe dynamique et solidaire.
Votre engagement en Belgique vous ouvret-il davantage à l’Église universelle ?
Énormément. Dans ma mission, je rencontre à l’hôpital et dans les unités pastorales des personnes très diverses : croyants ou non, chrétiens, personnes d’autres religions, athées, venant de tous les continents. Ma mission ici me met encore davantage en contact avec l’Église universelle qu’au Sénégal.
Est-ce plus difficile d’être chrétien en situation minoritaire ici qu’au Sénégal ?
On ne peut pas comparer les deux situations. Au Sénégal, où 90 % de la population est musulmane, nous sommes une minorité bien intégrée dans un contexte religieux et culturel : la cohabitation ne pose pas de problème.
En Belgique, le contexte est différent. Je constate cependant un grand respect mutuel entre chrétiens et musulmans et des rapprochements dans le dialogue interreligieux. Nous vivons dans un pays où chacun est libre d’adhérer à la foi chrétienne ou non, et je vois un respect entre les différentes convictions religieuses.
Comment envisagez-vous l’avenir de la mission en Belgique ?
L’Église doit se redécouvrir : être plus ouverte, proche des gens, accueillante et renouvelée dans ses manières d’enseigner, de vivre et d’évangéliser, dans un esprit de synodalité.
Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Merci pour tout ce que fait Missio à travers le monde, et au Sénégal en particulier. J’ai dirigé un dispensaire puis un orphelinat et nous avons chaque fois été soutenus par Missio. Merci et tous mes encouragements à vous et à tous ceux qui vous soutiennent. Continuez cette mission qui fait du bien à tous, à l’image du Christ.
Emmanuel Babbisagana