À Medina Sabakh : un exemple de courage missionnaire !

Au sud-ouest du Sénégal, à environ 85 kilomètres de Kaolack et non loin de la frontière gambienne, se trouve Medina Sabakh, une petite localité de quelque 4 672 habitants répartis dans 437 ménages. Les chrétiens n’y représentent qu’environ 4 % de la population. Lors de ma visite à cette communauté, au mois d’août 2026, j’ai rencontré une petite communauté vivante, courageuse et profondément attachée à sa foi.

Une communauté qui tient bon

Chaque dimanche, les chrétiens de Medina Sabakh se rassemblent pour prier et célébrer leur foi. Le prêtre qui les accompagne réside à 46 kilomètres du village. Il fait régulièrement le déplacement pour célébrer l’Eucharistie avec eux.

Mais les distances sont grandes et les conditions de déplacement ne sont pas toujours faciles. Pendant la saison des pluies, notamment, certaines routes deviennent difficilement praticables. Lorsque le prêtre ne peut pas rejoindre la communauté, le catéchiste prend le relais : il rassemble les fidèles, anime la prière et veille à ce que la vie chrétienne continue.

Quelques catéchistes de Medina Sabakh

Une fois par mois, les membres de la communauté se rendent eux-mêmes à la paroisse. Pour certains, cela représente un trajet de plus de 50 kilomètres, parfois même de plus de 60 kilomètres.

Et pourtant, ils y vont. Pour eux, la foi ne s’arrête pas aux limites de leur village ni à la porte de leur chapelle. Une réalité qui peut aussi nous interpeller ici en Belgique, où quelques kilomètres ou le déplacement vers une église voisine peuvent parfois sembler difficiles. À Medina Sabakh, l’esprit de clocher cède la place à l’essentiel : se retrouver comme communauté chrétienne pour prier, célébrer et vivre ensemble la foi.

Ces kilomètres disent quelque chose de leur foi. Ils témoignent d’une communauté pour laquelle se rassembler, prier ensemble et célébrer le Christ n’est pas une évidence, mais un choix, un effort et parfois même un véritable sacrifice.

C’est ici que prennent tout leur sens les paroles du pape Léon XIV pour le 100e dimanche mondial des Missions : « Plus nous sommes unis en Christ, mieux nous pouvons accomplir ensemble la mission qu’Il nous a confiée. »

Une petite chapelle devenue trop petite

Depuis plusieurs années, la communauté chrétienne se rassemble dans une modeste chapelle construite sous la forme d’une hutte. (voir la photo).

« Cette petite chapelle a été, durant toutes ces années, bien davantage qu’un simple bâtiment. Elle est devenue le lieu où l’on prie, où l’on écoute la Parole de Dieu, où l’on transmet la foi aux enfants et où une petite communauté chrétienne se découvre comme famille », ainsi témoignait un des catéchistes.

Mais aujourd’hui, elle ne suffit plus. La région connaît des températures qui dépassent souvent 35 °C pendant une grande partie de l’année. Dans cette chaleur, la petite chapelle peut accueillir difficilement plus de 25 personnes, alors que la communauté chrétienne compte désormais plus de 150 membres et continue de grandir.

Imaginez : plus de 150 personnes et un lieu de prière prévu pour à peine quelques dizaines de personnes. Avoir une chapelle digne de ce nom n’est donc pas un luxe. C’est pouvoir célébrer ensemble. C’est permettre aux enfants et aux jeunes de recevoir la catéchèse. C’est donner à une communauté minoritaire un lieu où elle peut se retrouver, grandir dans la foi et transmettre l’Évangile aux générations suivantes. C’est aussi rendre visible, au cœur du village, une présence chrétienne ouverte à tous.

Une communauté qui construit elle-même son avenir

Les chrétiens de Medina Sabakh n’attendent pas que tout leur soit donné. Depuis quelques mois, ils ont commencé eux-mêmes la construction d’une nouvelle chapelle capable d’accueillir au moins 150 personnes. La communauté locale s’est mobilisée avec enthousiasme. Chacun apporte ce qu’il peut : du temps, du travail, des matériaux, une petite contribution financière. Et cette mobilisation dépasse même les frontières religieuses. Le catéchiste responsable de la communauté me confiait avec joie : « Même nos frères et sœurs musulmans y contribuent. » Cette phrase m’a profondément marqué.

Dans un pays où chrétiens et musulmans vivent depuis longtemps dans une tradition de rencontre et de respect mutuel, cette chapelle devient ainsi bien plus qu’un projet de construction. Elle devient aussi un signe de fraternité. Des musulmans participent à la construction du lieu de prière de leurs voisins chrétiens. Voilà aussi une belle image de ce que peut être la mission : non pas dresser des frontières, mais créer des liens ; non pas s’imposer, mais témoigner ; non pas vivre les uns à côté des autres, mais apprendre à construire ensemble.

Grâce à vous, Missio accompagne leur courage

Missio Belgique soutient la construction de cette chapelle. Mais pour poursuivre les travaux, nous avons besoin de vous. Votre don peut aider cette communauté à avancer concrètement : poursuivre la construction, acquérir des matériaux, achever la toiture, aménager l’intérieur et offrir enfin aux fidèles de Medina Sabakh un lieu où ils pourront se rassembler dignement.

Dans son message pour la Journée mondiale des Missions 2026, le pape Léon XIV rappelle que la mission est une œuvre de communion. Il invite les chrétiens à soutenir concrètement celles et ceux qui annoncent et vivent l’Évangile, particulièrement dans les communautés les plus fragiles et les plus éloignées. Il rappelle aussi que les offrandes recueillies par Missio – Œuvres Pontificales Missionnaires servent précisément aux besoins de la mission de l’Église à travers le monde. Et il le dit d’une manière particulièrement simple et forte : « Chaque don, même le plus modeste, devient un acte important de communion missionnaire. »

À Medina Sabakh, cette communion peut aujourd’hui prendre la forme de briques, d’un toit, de portes, de fenêtres, de bancs…Mais derrière chacune de ces choses, il y a surtout des visages de personnes. Il y a des catéchistes qui continuent à rassembler sa communauté lorsque le prêtre ne peut pas arriver. Il y a des familles qui parcourent des dizaines de kilomètres pour participer à la vie communautaire. Il y a des enfants qui découvrent la foi. Il y a une petite communauté chrétienne qui refuse de se décourager. Et il y a des voisins musulmans qui choisissent, eux aussi, d’apporter leur pierre à l’édifice.

Vous aussi, posez une pierre

Nous ne pouvons peut-être pas tous aller à Medina Sabakh. Mais nous pouvons nous tenir aux côtés de cette communauté. 10, 25, 50 ou 100 euros : chaque contribution peut devenir une pierre de cette chapelle. Votre don ne finance pas simplement un bâtiment. Il permet à une communauté de se rassembler. Il soutient la transmission de la foi. Il encourage ceux qui vivent l’Évangile loin des grands centres. Il donne un avenir à une jeune communauté chrétienne. Il crée un lien entre l’Église en Belgique et l’Église au Sénégal.

C’est exactement cette communion missionnaire que le pape Léon XIV nous invite à vivre : une Église dans laquelle les communautés ne restent pas isolées, mais se portent mutuellement dans la prière, la fraternité et le partage.

Terminons ensemble la chapelle de Medina Sabakh

Grâce à votre générosité, les murs qui s’élèvent aujourd’hui pourront devenir demain une véritable maison de prière, de rencontre et d’espérance pour toute cette communauté. Un en Christ, unis pour la mission.

 

P. Théogène Havugimana, directeur Missio Belgique

 

Vous pouvez soutenir des projets phares au Sénégal en effectuant votre don sur le numéro de compte de Missio :  BE19 0000 0421 1012 avec la communication structurée : +++201/0000/00047+++