Lourdes et son cachet international

Mardi 15 juillet 2025

Lourdes se réveille sous des nuages bas et il fait 18 degrés. Sœur Marie prend en charge le pèlerinage du matin, mais elle me demande d’ouvrir car elle se sent encore un peu incertaine. Nous nous retrouvons à 9h50 au point d’accueil. Auparavant, je me promène dans Lourdes, je visite brièvement l’église paroissiale et je trouve aussi une boulangerie pour acheter une baguette pour mon dîner.
À 10h, les visiteurs sont autorisés à venir et Sœur Marie est prête à les accueillir. Je fais une courte promenade jusqu’au sanctuaire pour allumer un cierge. Même la pluie fine n’arrête pas les pèlerins mais occasionne une petite agitation. Je rencontre à nouveau Christa Damen qui me remet un livret de leur pèlerinage. Je peux donc sympathiser un peu avec eux.

À la grotte, l’eucharistie est en cours, et de nombreuses personnes, même au de-là de la Gave, suivent la messe. Les chapelles des cierges sont déjà bondées. Une atmosphère de prière et de paix rassemble des gens venus de loin, certains avec un drapeau de pèlerinage, d’autres avec un foulard ou un tee-shirt reconnaissable, et beaucoup sans signes distinctifs particuliers, mais sans qu’ils soient étrangers les uns aux autres.

L’Hospitalité Saint-Michel attend à nouveau des centaines de bénévoles dans l’après-midi. Avec Sœur Marie, nous constatons que les choses fonctionnent à nouveau bien et qu’elles ont bon goût. Une agitation conviviale où toutes les langues mélangées forment peut-être la tour de Babel et où tout le monde se comprend et s’encourage avec un sourire à promouvoir.

Une autre promenade et puis le « devoir » de permanence s’impose. Très vite, les premiers visiteurs entrent. Une dame française qui connaît les Œuvres Pontificales Missionnaires depuis un certain temps vient parler d’un prêtre de Rome qu’elle soutient et qui va bientôt lui rendre visite. Elle cherche un petit cadeau pour l’encourager et découvre qu’OPM France vend des thermos avec une clé à l’effigie du pape. Après avoir hésité entre le bleu et le blanc, elle opte pour le blanc, « parce que le pape est aussi habillé en blanc ». Après un cadeau sincère aux OPM, elle prend le thermos et ajoute qu’il est logique que nous n’ayons pas d’emballage cadeau parce que « vous n’êtes pas un magasin ».

Pendant ce temps, une jeune femme s’est également faufilée pour faire discrètement un don via le distributeur automatique. Monsieur, ça ne marche pas. Pouvez-vous me donner un coup de main ? Avec un peu de patience jusqu’à ce que l’écran apparaisse pour lire la carte, cela fonctionne. Aussi discrètement qu’elle est entrée, elle disparaît à nouveau.

C’est alors que deux personnes se disent l’une à l’autre : « Serait-ce Tom ? », juste assez fort pour que je l’entende aussi. Oui, je suis Tom. Il s’agit de Mark et Kathleen, des amis de longue date de Missio et également des connaissances de notre directeur, bien qu’ils vivent en Proven et sont donc en pèlerinage à Lourdes avec le diocèse de Bruges. « Nous avons également assisté à la béatification de Pauline Jaricot à Lyon, un moment inoubliable », ainsi commence la conversation cordiale. Les passants entendent le néerlandais et restent debout. Ils entrent à leur tour et nous faisons brièvement connaissance. La Mission à Lourdes permet également aux Flamands de se rencontrer de cette manière. Jeudi, nous nous sommes retrouvés pour la messe de 10h à la grotte, une célébration pour les pèlerinages d’Anvers, de Bruges et de Gand, présidée par Monseigneur Lode Van Hecke, évêque de Gand.

Un peu plus tard, un autre « Brugeois » fait son entrée : Piet Vandevoorde, vicaire épiscopal/délégué pour Caritas et la diaconie dans le diocèse de Bruges, et également participant au pèlerinage à Lourdes. Je connais Piet depuis longtemps et je le vois parfois dans le diocèse de Bruges lors des activités de la pastorale missionnaire du diocèse. Le diocèse de Bruges est bien présent à Lourdes, comme je l’ai constaté cet après-midi. Nous avons eu une conversation chaleureuse, loin de chez nous, sur l’importance de Missio et de la pastorale missionnaire dans notre Église. À Lourdes, nous ressentons également nos liens avec l’Église universelle.

À partir de 20h, les pèlerins se préparent à la procession des bougies et passent devant notre point d’accueil avec une bougie à la main. Les groupes le font aussi, avec leurs drapeaux. Il est toujours gratifiant de voir, et surtout d’entendre, cette communion autour de Marie. L’Ave Maria est aussi beau dans toutes les langues, aussi encourageant et il relie. Cette force de connexion pourrait davantage être entendue partout. Sous ces bonnes impressions, le sommeil s’annonce. Lourdes s’endort avec la mélodie familière dans les oreilles.

Tom Heylen, coordinateur de Missio pour la Flandre