À l’approche de Noël, le désir de lumière, d’espérance et de proximité grandit. Le quatrième dimanche de l’Avent nous rapproche de la crèche. Et c’est précisément ce dont parlent les lectures d’aujourd’hui. Elles nous montrent un Dieu qui n’attend pas que nous le cherchions, mais qui prend lui-même l’initiative d’être proche de nous. Nous attendons avec impatience le signe que le prophète Isaïe avait déjà annoncé en son temps. Un signe que personne n’avait demandé, mais dont tout le monde avait besoin : un fils né d’une vierge à qui elle donne le nom d’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Dieu n’abandonne pas l’humanité. Il vient lui-même.
Dans l’Évangile, ce signe ancien prend un visage humain en Marie et Joseph. Marie se révèle enceinte – et Joseph, un homme juste, est envahi par le doute, la peur et la confusion. Alors l’ange vient le rassurer : « Ne crains pas ». Comme c’est humain ! Nous pouvons parfois éprouver ce même sentiment de crainte face à un signe inattendu. Lorsque Dieu intervient, lorsque quelque chose de nouveau se présente, lorsque notre foi nous demande de faire quelque chose qui va à l’encontre de nos convictions, ou lorsque la vie ne se déroule pas comme nous l’avions prévu, notre première réaction est souvent : « Comment cela va-t-il se passer maintenant ? » Mais alors, la parole de l’ange résonne : « Ne crains pas, Joseph. »
Ces mots sont aussi puissants aujourd’hui qu’ils l’étaient alors. Ce que Matthieu écrit ici à propos de Joseph peut également être pour nous une invitation à ne pas nous laisser envahir par la peur lorsque notre foi nous demande de faire quelque chose qui va à l’encontre de nos convictions. Parfois, un signe apparaît dans notre vie sans que nous l’ayons demandé : une rencontre, une parole, un événement, un défi, une crise… Osons-nous faire confiance à un ange inattendu ? Y reconnaissons-nous quelque chose de Dieu ? Osons-nous espérer que tout ira bien ?
Paul est témoin de cette confiance. Un homme qui pensait tout savoir est devenu un homme qui se laisse guider par l’Esprit. Il a lui-même expérimenté ce dont Jésus est capable. Il a été appelé de manière inattendue par Lui à devenir apôtre et il prend cette tâche très au sérieux. En son nom et par Lui, il apporte la Bonne Nouvelle à tous les peuples. Il apporte la paix de Dieu notre Père, à nous aussi aujourd’hui. Il nous dit : lorsque vous vous laissez toucher par le Christ, votre vie change. Lorsque vous Lui faites confiance, votre existence devient fructueuse. Il apporte « la paix de Dieu notre Père » à tous les peuples – et aujourd’hui aussi à nous.
Notre époque connaît ses propres incertitudes et ses propres peurs : questions sur l’avenir, la paix, le climat, l’Église et la société ; pression et fatigue dans les familles. C’est un monde qui tourne vite et dans lequel il est difficile de reconnaître les signes de Dieu. Mais aujourd’hui encore, Dieu dit : « Je vous donne un signe. Je viens moi-même. Je suis Emmanuel. » Dieu ne vient pas seulement dans l’enfant d’alors, mais aussi dans la confiance d’aujourd’hui : dans les personnes qui choisissent la paix, dans les familles ouvertes à un nouveau départ, dans les croyants qui continuent à espérer malgré les épreuves …
L’Avent est un temps d’entraînement à la confiance en l’œuvre de Dieu, précisément dans l’imprévu. Matthieu nous invite à adopter l’attitude de Joseph : écouter, faire confiance et faire ce que Dieu lui demande, même s’il ne comprend pas tout.
Ayons confiance que notre foi ne nous décevra pas et que la venue de Jésus sera un signe libérateur de Dieu pour tous les Hommes.
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