Les lectures d’aujourd’hui nous ouvrent à la grande vision du plan salvifique de Dieu. Dans l’Épître aux Éphésiens, saint Paul nous dit que nous avons été choisis en Christ avant même la fondation du monde. Le dessein de Dieu est clair : « tout réunir en Christ ». La mission commence ici — non pas dans notre action, mais dans l’initiative de Dieu. Nous faisons partie d’un plan divin qui cherche à rassembler une humanité divisée dans l’unité et la communion.
Comme nous le rappelle Ad gentes, l’Église est missionnaire parce qu’elle participe à ce plan même de Dieu (cf. AG 2).
Le Psaume 98 exprime ce plan dans une note de joie : « Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » Le salut n’est pas destiné à rester caché. Il doit être proclamé, célébré et partagé.
Le pape feu François insistait souvent sur le fait que l’Évangile devait se répandre par la joie — une joie qui attire et conduit les autres vers le Christ. La mission naît de la gratitude et s’exprime à travers le témoignage.
Dans Luc 11, 47-54, Jésus met en lumière une contradiction tragique. Les chefs religieux honorent les prophètes en apparence tout en perpétuant la même résistance qui a conduit à leur rejet. La critique est sévère car les enjeux sont considérables. C’est là que réside un danger pour tout croyant : préserver la religion sans permettre la conversion. La mission est entravée non seulement par le rejet, mais aussi par l’hypocrisie et le repli sur soi.
Lorsque les structures religieuses se défendent au lieu d’accueillir la voix de Dieu, la Parole est réduite au silence. La complainte de Jésus révèle un avertissement missionnaire intemporel : on peut préserver la tradition tout en résistant à la conversion.
Ad gentes nous rappelle que l’évangélisation implique toujours un renouveau et une purification (AG 5). L’Église doit rester ouverte à la Parole prophétique qu’elle proclame. La crédibilité de la mission dépend de la cohérence entre la mémoire et l’obéissance, la doctrine et la vie.
Le pape Léon XIV appelle l’Église à renouveler son zèle missionnaire par l’espérance et la conversion intérieure. Une Église qui écoute le Christ devient une Église qui ouvre ses portes.
Aujourd’hui, nous sommes invités à répondre : à reconnaître le dessein de Dieu, à nous réjouir de son salut et à rester ouverts à sa Parole. Seule une Église qui écoute, se transforme et avance dans la joie peut véritablement devenir un signe d’unité et d’espérance pour le monde.