Jésus nous le dit très clairement dans l’Évangile d’aujourd’hui : « Quiconque me reconnaîtra devant les Hommes, le Fils de l’Homme le reconnaîtra devant les anges de Dieu. »
À première vue, cela peut sembler ne concerner que des mots — le fait de parler ou non de Jésus en public. Mais cela va bien plus loin. Il s’agit de savoir si toute notre vie le reconnaît ou le renie subtilement.
Jésus prononce ces paroles alors qu’il prépare ses disciples à la mission. Il sait qu’ils seront confrontés à des pressions, à de l’opposition, voire à la persécution. Il leur dit de ne pas avoir peur. Le Père veille sur eux. Le Fils sera à leurs côtés. Et le Saint-Esprit leur donnera les paroles dont ils ont besoin.
En d’autres termes, ils ne doivent pas avoir peur, car lorsqu’il les envoie, il les accompagne.
Mais il reste un choix à faire : allons-nous reconnaître le Christ, ou allons-nous garder le silence, surtout lorsque cela a un prix ?
La peur peut nous pousser à cacher notre foi, à faire des compromis, à reléguer Jésus en marge de notre vie. La foi, au contraire, nous donne le courage de vivre ouvertement en tant que ses disciples, confiants que notre vie est entre les mains de Dieu.
Aujourd’hui, l’Église nous donne un exemple fort en la personne de saint Ignace d’Antioche. Sur le chemin qui le menait de Smyrne (aujourd’hui Izmir, en Turquie) à son martyre à Rome, il a profité de la tribune que lui offraient ses chaînes pour témoigner auprès des premiers chrétiens à travers sept lettres. Dans l’une d’elles, il écrivait qu’il voulait devenir « le blé de Dieu », moulu comme du pain pour le Christ. Il comprenait que suivre Jésus signifiait s’unir au don eucharistique du Seigneur, suivre le chemin du grain de blé, « perdre » sa vie pour la sauver.
La plupart d’entre nous ne serons pas appelés au martyre. Mais nous sommes tous appelés à rendre témoignage — quotidiennement, concrètement et souvent dans la discrétion. Au sein de nos familles, dans notre travail, dans nos conversations, dans la manière dont nous aimons. Dans ce témoignage, c’est Dieu qui accomplit l’œuvre la plus difficile. Comme l’écrivait le pape Benoît XVI dans son message de 2009 pour la Journée mondiale des missions : « L’évangélisation est l’œuvre de l’Esprit ; avant d’être une action, c’est un témoignage et un rayonnement de la lumière du Christ. »
Aujourd’hui, par l’intercession de saint Ignace d’Antioche, demandons l’aide du Saint-Esprit pour refléter la lumière du Christ et le reconnaître par nos paroles et par notre vie.