Méditation biblique du 18 octobre

100e Dimanche mondial des Missions

Vingt-neuvième dimanche de l’année – année A

Is 45, 1.4-6 ; Ps 96 ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21

En ce Dimanche mondial des missions, alors que nous prions pour les missionnaires du monde entier et pour tous ceux à qui ils s’efforcent d’apporter Jésus et son œuvre salvatrice, l’Évangile nous rappelle le cœur même de l’Évangile : Dieu nous a créés par amour à son image et à sa ressemblance, nous lui appartenons et Il nous appelle à vivre avec Lui.

Ces vérités sont révélées dans la conversation houleuse de Jésus avec les pharisiens et les hérodiens.

Ces deux groupes — respectivement rigoristes et laxistes, et donc généralement opposés l’un à l’autre — s’allient pour piéger Jésus. Leur question semble simple, mais elle est calculée avec malveillance : « Est-il licite de payer l’impôt de recensement à César ou non ? »

Ils savaient que si Jésus répondait oui, il risquerait de s’aliéner le peuple. S’il répondait non, il pourrait être accusé d’inciter à la rébellion contre Rome. Mais Jésus ne s’est pas laissé piéger. Au lieu de cela, il a demandé une pièce et a posé une question plus profonde : « De qui sont cette effigie et cette inscription ? » Lorsqu’ils ont répondu : « De César », il a rétorqué : « Alors rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. »

La réponse de Jésus est bien plus qu’une brillante échappatoire à un dilemme politique. Il nous conduisait au-delà d’une question d’impôts vers la vérité de notre identité.

Si la pièce porte l’effigie de César et appartient à César, alors ce qui porte l’image de Dieu appartient à Dieu.

Comme l’atteste le premier chapitre de la Bible, nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par le baptême, cette réalité de la création a été renforcée : nous avons été unis au Christ, devenus enfants du Père et temples du Saint-Esprit. Nous n’appartenons pas partiellement à Dieu. Nous lui appartenons entièrement. Il nous revendique avec amour comme siens.

C’est là le fondement de notre vie et de notre mission chrétiennes.

La mission ne commence pas par ce que nous disons ou faisons, mais par ce que nous sommes. Lorsque nous reconnaissons que notre vie est un don de Dieu et qu’elle lui appartient en définitive, tout change. Notre temps, nos relations, notre travail, nos ressources : tout cela devient partie intégrante d’un don de nous-mêmes en retour vers lui, avec gratitude et amour.

Dans son message pour la Journée mondiale des missions de 2026, le pape Léon XIV affirme que « plus nous sommes unis au Christ, mieux nous serons capables d’accomplir ensemble la mission qu’il nous confie ». C’est de cette union avec Dieu, et en Lui les uns avec les autres, que découle toute la fécondité missionnaire.

C’est pourquoi l’Évangile nous interpelle aujourd’hui.

Beaucoup d’entre nous tentent de mener une vie compartimentée. Nous séparons les choses. Peut-être donnons-nous quelque chose à Dieu, voire beaucoup, mais nous gardons des choses pour nous-mêmes. Jésus, cependant, nous appelle à un don total, à aimer Dieu non pas seulement avec une partie, ni même la majeure partie, de notre esprit, de notre cœur, de notre âme et de nos forces, mais avec tout ce que nous sommes.

« Rendre à Dieu ce qui est à Dieu » signifie lui donner ce qu’il nous a donné — et il nous a donné notre vie, notre temps, nos talents, nos relations, nos ressources matérielles, tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Cela signifie le considérer non seulement comme une partie de notre vie, mais comme sa source, son sommet, sa racine et son centre.

Cela signifie également vivre à l’image de la Trinité, dans une communion d’amour entre personnes avec nos frères et sœurs. C’est là le cœur de la mission, alors que nous, ainsi que toute l’Église, cherchons à montrer au monde à l’image de qui nous avons été créés, et cherchons à l’amener à une véritable communion avec Dieu et avec nous.

En ce Dimanche mondial des missions, nous nous souvenons que Dieu s’intéresse à 100 sur 100, à 8,1 milliards sur 8,1 milliards d’humains. Comme l’écrivait saint Paul VI à l’occasion de cette célébration en 1971 : « S’il y a jamais eu un temps où les chrétiens, plus que jamais auparavant, sont appelés à être une lumière qui illumine le monde, une ville située sur une montagne, un sel qui donne du goût à la vie des hommes, c’est sans aucun doute notre époque. Nous possédons en effet l’antidote au pessimisme, aux signes funestes, au découragement et à la peur dont souffre notre époque. Nous avons la Bonne Nouvelle ! »

Aujourd’hui donc, le Seigneur nous invite à porter un regard neuf sur nos vies, non pas comme quelque chose que nous possédons ou qui nous appartient, mais comme un don que nous avons reçu et dont nous sommes les intendants. Il nous demande de lui rendre ce don, librement et pleinement, notamment en utilisant le don de la vie pour aider les autres à venir à Lui.

C’est en imitant les missions du Fils et du Saint-Esprit et en coopérant au plan d’amour salvateur de Dieu le Père que nous reflétons le mieux l’image divine, afin qu’aucun de ses enfants ne périsse, mais qu’ils parviennent tous à la vie éternelle.