Méditation biblique du 21 octobre

29e semaine de l’année – Année paire

Ep 3, 2-12 ; Is 12, 2-6 ; Lc 12, 39-48

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus décrit un serviteur à qui l’on a confié une responsabilité et dont le maître revient à une heure inattendue. Il conclut par une phrase qui doit rester gravée dans nos esprits : « On demandera beaucoup à celui à qui l’on a beaucoup confié. » Il ne s’agit pas fondamentalement d’un avertissement, mais d’un rappel de notre dignité, de notre potentiel et des responsabilités sacrées que Dieu nous a confiées.

Saint Paul était conscient de la valeur, des capacités et des devoirs que Dieu lui avait donnés. Dans la première lecture, il parle du « mystère… désormais révélé » qui avait été caché pendant des générations : tous les peuples sont appelés à partager la même promesse en Jésus-Christ par l’Évangile. Ce qui semblait autrefois réservé aux seuls Juifs est désormais offert à tous.

Saint Paul comprend sa vie à la lumière de ce don. Ce mystère lui a été confié, non pas pour le garder, mais pour le proclamer.

C’est là la clé pour comprendre ce que Jésus nous dit dans l’Évangile d’aujourd’hui. Un serviteur est jugé, non pas sur ce qu’il possède ou sur la quantité de ce qu’il possède, mais sur la manière dont il utilise ce qui lui a été confié. Un serviteur bon et fidèle distribue avec prudence ce que le maître lui a donné ; celui qui est infidèle et indigne utilise les biens du maître pour son propre compte et maltraite les autres. Quel genre d’intendant des mystères et des dons du Seigneur sommes-nous ?

Nous avons reçu les dons incroyables que sont la connaissance du Christ, la foi, la Parole de Dieu, les sacrements, la communion de l’Église. Et à chacun de ces dons correspond une mission : en nous transformant, ils sont destinés à transformer le monde. Ce que nous avons reçu gratuitement, nous sommes appelés à le donner gratuitement.

Comme l’a écrit le pape Benoît XVI dans son message pour la Journée mondiale des missions en 2012 : « La foi est un don qui nous est fait pour être partagé ; c’est un talent reçu pour qu’il porte du fruit ; c’est une lumière qui ne doit jamais être cachée, mais qui doit illuminer toute la maison. C’est le don le plus important qui nous ait été fait dans notre vie et que nous ne pouvons garder pour nous-mêmes. »

La mission ne peut donc jamais rester une dimension facultative de la vie chrétienne. Elle en est l’expression naturelle. Connaître et aimer le Christ, c’est vouloir le faire connaître et aimer. Nous avons eu le privilège de rencontrer Jésus avant les autres ; nous avons désormais la douce tâche d’aider les autres à le connaître.

L’un des critères permettant de vérifier si notre relation avec Jésus est juste est le zèle dont nous faisons preuve pour distribuer aux autres la nourriture de l’Évangile, de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu, et, en fin de compte, la nourriture de la Sainte Eucharistie, au moment opportun. C’est ce à quoi s’efforcent les serviteurs bons et fidèles.

Mais Jésus souligne également aujourd’hui qu’il y en a qui se détourne de l’Évangile et commencent à se comporter de manière pécheresse, centrés uniquement sur eux-mêmes et leurs plaisirs, allant même jusqu’à nuire aux autres.

Le Seigneur veut que nous soyons tous de bons serviteurs dignes de confiance. Il veut que nous nous souvenions qu’il nous a été donné « beaucoup » et « encore plus », et il veut que, portés par cette confiance et attentifs à sa présence et à sa bénédiction, nous partagions généreusement avec les autres ce qui nous a été donné.