Méditation biblique du 24 octobre

29e semaine de l’année – Année paire

Ep 4, 7-16 ; Ps 122 ; Lc 13, 1-9

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, des gens viennent trouver Jésus avec une nouvelle troublante concernant un massacre survenu au temple, où Ponce Pilate avait fait tuer certains de ceux qui étaient montés pour offrir des sacrifices. Ils cherchaient une explication — peut-être certains espéraient-ils le monter contre Pilate et les Romains — mais Jésus ne leur donne pas d’explication. Au lieu de cela, il détourne l’attention en demandant si ceux qui sont morts étaient de plus grands pécheurs que ceux dont la vie a été épargnée.

Il répond lui-même à sa question en disant : « Loin de là ! » Il va encore plus loin en affirmant que les dix-huit personnes qui avaient trouvé la mort lorsque la tour de Siloé s’était tragiquement effondrée sur elles n’étaient ni maudites ni plus coupables que celles qui étaient encore en vie.

Puis il prononce ces paroles directes et troublantes : « Je vous le dis, si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous comme eux. » Il ne voulait pas dire qu’ils allaient tous mourir dans une attaque aléatoire ou un accident bizarre, mais qu’en l’absence de conversion, ils mourraient tous sans y être préparés.

Il renforce cet appel à la conversion par une parabole sur le figuier. Pendant trois ans, le propriétaire est venu chercher des fruits et n’en a trouvé aucun. Normalement, si un figuier ne porte pas de fruits à la troisième année, il n’en portera jamais. Néanmoins, on accorde à l’arbre une année supplémentaire pour qu’il soit cultivé, soigné et qu’on lui donne toutes les chances de porter du fruit, dans l’espoir qu’il y parvienne.

C’est une image de la miséricorde et de la patience de Dieu. C’est aussi un message exprimant son attente que nous portions du fruit. Ce fruit ne peut être compris simplement comme des actes génériques de foi, d’espérance et d’amour, mais tout comme les figuiers portent des figues, ainsi les chrétiens doivent engendrer des chrétiens.

Dans la première lecture d’aujourd’hui, saint Paul nous rappelle que le Christ a donné des dons à son Église « pour former les saints en vue de l’œuvre du ministère, pour l’édification du Corps du Christ ». Chacun de nous a reçu quelque chose du Seigneur, non seulement pour lui-même, mais afin que l’Église puisse grandir et mûrir.

Le fruit n’est pas simplement un perfectionnement personnel. C’est une vie qui, à l’instar de celle du Christ et des saints, contribue à la croissance spirituelle des autres et renforce l’Église.

Saint Paul l’avait compris bien plus tôt : pour lui, la conversion ne se résumait pas à mettre fin à la persécution et au massacre des chrétiens, ni à vivre personnellement sa foi. Au contraire, il écrivait : « C’est l’amour du Christ qui nous pousse, dès lors que nous avons acquis la conviction que l’un est mort pour tous. … Il est en effet mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui, pour eux, est mort et ressuscité » (2 Co 5, 14-15).

Ainsi, pour nous, la conversion ne consiste pas seulement à nous débarrasser de nos mauvaises habitudes et à en acquérir de bonnes. Elle signifie ne plus vivre pour nous-mêmes, mais vivre pour le Christ et pour ce pour quoi le Christ a vécu et est mort : le salut et la sanctification des autres. Elle signifie prendre au sérieux la mission que le Christ nous a confiée et chercher à porter des fruits qui dureront. Tout comme un cep ne porte pas de fruits sans ses sarments, ainsi le Christ, le Cep, ne peut porter de fruits sans l’Église, sans vous et moi (Jn 15, 1-8).

Ainsi, la première chose dont nous avons besoin pour porter du fruit et tirer la leçon du figuier, c’est de demeurer en Christ. Et le pape Léon XIV, dans son message pour la Journée mondiale des missions de 2026, nous le rappelle : « Être chrétien […] c’est une vie en union avec le Christ. […] Cela signifie demeurer en Christ, comme les sarments sur la vigne, immergés dans la vie de la Trinité. »

La deuxième leçon est que si nous demeurons véritablement en Christ, nous porterons du fruit. Saint Jean-Paul II écrivait dans son message de 1991 pour la Journée mondiale des missions : « Seul celui qui est greffé sur le Christ, comme les sarments sur la vigne, peut produire beaucoup de fruit », et il ajoutait que c’est là le secret de la fécondité des grands missionnaires et de tous ceux qui les soutiennent par la prière et le sacrifice.

Le Seigneur Jésus a cultivé la terre avec soin afin que nous puissions porter des fruits en abondance. Prions pour que nous-mêmes et nos frères et sœurs dans l’Église ne soyons pas comme des figuiers stériles, mais que nous mettions à profit le temps qui nous est donné pour essayer de porter autant de fruits que possible pour lui. Ainsi, quel que soit le moment où notre vie terrestre prendra fin, nous ne serons pas pris au dépourvu, mais nous rencontrerons le Seigneur lors de son avènement dans une conversion constante et une fécondité apostolique.