Méditation biblique du 25 octobre

Trentième dimanche du temps ordinaire – année A

Ex 22, 20-26 ; Ps 18 ; 1 Th 1, 5c-10 ; Mt 22, 34-40

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, un docteur de la loi s’adresse à Jésus pour lui poser une question sur la chose la plus importante que nous devions accomplir dans la vie. « Maître », lui demande-t-il, « quel est le plus grand commandement de la loi ? »

Ce n’était pas une question facile, car l’Ancien Testament compte 613 préceptes.

La réponse de Jésus est cependant claire et concise : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. »

Puis il ajoute deux choses. « Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et : « Toute la Loi et les Prophètes », c’est-à-dire tout ce que Dieu commande, « dépendent de ces deux commandements. »

Tout dans la vie chrétienne découle de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain, non pas comme deux réalités distinctes, mais comme un seul et même mouvement interdépendant. Jésus ne nous dit pas : « Aimez-moi comme je vous ai aimés », mais « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Notre amour pour Jésus se manifestera dans notre amour pour notre prochain, que Jésus nous appelle à aimer sans réserve, de tout notre esprit, de tout notre cœur et de toute notre âme.

La première lecture, tirée du Livre de l’Exode, rend cela très concret. Dieu s’exprime avec insistance sur la manière dont il faut traiter les plus vulnérables : l’étranger, la veuve, l’orphelin et le pauvre. L’attention que nous leur portons révèle notre amour pour Dieu. Elle montre si notre relation avec Dieu est authentique. Jésus le dira très clairement plus tard lorsqu’il affirmera que la manière dont nous traitons ceux qui ont faim, soif, qui sont nus, les étrangers, les malades ou les prisonniers, c’est ainsi que nous le traitons lui (Mt 25, 31-46).

Si partager l’amour de Dieu pour notre prochain est si essentiel à la vie chrétienne, pourquoi est-ce parfois si difficile ? La réponse se trouve dans la deuxième lecture, lorsque saint Paul rappelle aux chrétiens de Thessalonique comment leur foi a commencé : non pas simplement comme un enseignement qu’ils ont reçu, mais comme une rencontre qui les a transformés. « Notre Évangile ne vous est pas parvenu par la parole seulement, mais aussi par la puissance et par le Saint-Esprit », ce qui les a aidés à se détourner « des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai ».

Nous ne pouvons pas vraiment aimer comme Jésus nous le commande si nous n’avons pas d’abord rencontré son amour pour nous. Nous sommes aimés en premier lieu, et c’est à partir de cet amour que nous apprenons à aimer.

C’est là le fondement de l’activité missionnaire de l’Église.

Dans son message pour la Journée mondiale des missions de 2026, le pape Léon XIV souligne que l’amour est l’« essence » de la mission de l’Église. Il ajoute que : « La mission des disciples et de l’Église tout entière est de poursuivre la mission du Christ dans l’Esprit Saint : une mission née de l’amour, vécue dans l’amour et menant à l’amour. … Poussés par l’amour du Christ, les apôtres sont alors partis évangéliser pour le Christ (cf. 2 Co 5, 14). De la même manière, au fil des siècles, une multitude de chrétiens — martyrs, confesseurs et missionnaires — ont donné leur vie pour faire connaître cet amour divin au monde. Ainsi, guidée par le Saint-Esprit, l’Esprit d’amour, la mission évangélisatrice de l’Église se poursuivra jusqu’à la fin des temps. »

Le pape loue en outre l’amour de Dieu et du prochain dont font preuve les missionnaires d’hier et d’aujourd’hui, qui se sacrifient pour partager l’amour de Dieu avec des personnes qui leur étaient autrefois étrangères. À l’instar de saint François d’Assise, qui s’était un jour lamenté : « L’amour n’est pas aimé », il nous exhorte, à l’instar de sainte Thérèse de Lisieux, « à aimer Jésus et à le faire aimer ».

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus affirme clairement qu’aimer Dieu et son prochain — ou, pour reprendre les mots de sainte Thérèse, l’aimer et le faire aimer — est la chose la plus importante que nous ayons à faire. Tout ce que fait l’Église repose sur ce double commandement, qui découle de l’expérience de Jésus qui nous a tant aimés qu’il a donné sa vie pour nous, puis qu’il est devenu notre nourriture même dans le sacrement de l’Amour — signe efficace de l’amour divin — sur l’autel. Recevons à nouveau cet amour, laissons-nous transformer encore davantage par lui, puis laissons-le déborder pour l’évangélisation et la transformation du monde.