Méditation biblique du 29 octobre

30e semaine de l’année – Année paire

Ef 6, 10-20  |  Ps 144  |  Lc 13, 31-35

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, des pharisiens viennent trouver Jésus pour l’avertir : « Pars, quitte cette région, car Hérode veut te tuer. »

Mais Jésus ne se laisse pas dissuader.

« Allez dire à ce renard », répond-il, « Voici, je chasse les démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour j’achève mon œuvre. »

Jésus sait clairement qui il est et quelle est sa mission, et il ne laisse pas la peur le détourner de son chemin. Libre et déterminé, il continue d’avancer, accomplissant l’œuvre que le Père lui a confiée.

Dans la première lecture, saint Paul exhorte les chrétiens d’Éphèse et chacun d’entre nous à « puiser notre force dans le Seigneur et dans sa puissance » et à « revêtir l’armure de Dieu » afin de rester fermes. La vie chrétienne, et la mission qui en découle, implique une véritable lutte — non seulement contre ceux que nous connaissons et qui s’opposent à nous, mais souvent aussi contre des forces invisibles et diaboliques qui cherchent à affaiblir la foi, à diviser et à décourager. Jésus est venu chasser ces démons, nous guérir et nous aider à participer à l’accomplissement de son dessein « le troisième jour », le jour de sa résurrection.

Malgré la détermination de Jésus, sa puissance extraordinaire et son armure spirituelle, il n’en avait pas moins un cœur humain battant d’amour à la fois humain et divin. C’est pourquoi il était capable d’être blessé, et nous voyons sa tristesse plus loin dans l’Évangile d’aujourd’hui. Jésus contemple Jérusalem et se lamente : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais tu n’as pas voulu. »

Il est venu pour sauver, mais beaucoup ont rejeté son œuvre rédemptrice. Il est venu comme la lumière, mais beaucoup, comme le décrit saint Jean, ont préféré les ténèbres. Il est venu comme l’Amour incarné, mais beaucoup ont refusé de se détourner de leurs idoles et de croire en l’amour véritable. Jésus n’était pas indifférent à ces rejets. Tout comme une mère ou un père dont l’enfant rejette l’amour parental, Jésus se souciait trop de nous pour rester indifférent.

Jésus a cherché à nous préparer à une tristesse, un rejet, voire à la persécution et au martyre similaires. Il nous a dit que certains refuseraient d’accepter l’Évangile, que certains membres de notre famille nous renieraient et nous trahiraient parce que nous le mettions au premier plan, que certains nous haïraient et proféreraient toutes sortes de calomnies à notre encontre, que d’autres nous traîneraient devant les autorités civiles et religieuses, et que d’autres encore penseraient servir Dieu en nous tuant.

Mais il nous a aussi dit quoi faire et pourquoi il permettrait tout cela.

Il nous a formés à secouer la poussière du rejet et à nous diriger vers le village suivant, non pas en pansant nos blessures, mais en annonçant la Bonne Nouvelle. Il nous a dit que nos souffrances nous offriraient une tribune où, avec le Saint-Esprit, nous pourrions rendre un témoignage bien plus efficace : qu’il vaut la peine de vivre et de mourir pour lui, de le préférer à notre vie terrestre.

Et il nous fortifie par l’armure de Dieu pour que nous restions fidèles en menant le bon combat de la foi, en la préservant et en la transmettant.

Nous voyons que, dans l’Église primitive, deux choses ont contribué à la conversion de l’Empire romain. La première était l’exemple de la charité chrétienne. La seconde était le témoignage des martyrs, ces personnes saines d’esprit qui étaient prêtes, avec audace, à subir des tortures sadiques et des exécutions par amour pour Jésus qui avait auparavant donné sa vie pour eux, car elles croyaient qu’après leur mort, elles ressusciteraient avec lui pour l’éternité. Parfois, le moyen le plus puissant de convertir ceux qui refusent obstinément d’accepter l’Évangile est que les chrétiens montrent à quel point ils sont prêts à endurer des épreuves par amour.

Dans son premier message à l’occasion de la Journée mondiale des missions, le pape François avait évoqué avec admiration le courage nécessaire pour être disciples et apôtres.

« Je tiens à dire quelques mots au sujet de ces chrétiens qui, dans diverses régions du monde, ont des difficultés à professer ouvertement leur foi et à jouir du droit légal de la pratiquer dignement », écrivait-il en 2013. « Ce sont nos frères et sœurs, des témoins courageux — encore plus nombreux que les martyrs des premiers siècles — qui endurent avec une persévérance apostolique de nombreuses formes de persécution. Bon nombre d’entre eux risquent même leur vie pour rester fidèles à l’Évangile du Christ. […] Je leur répète les paroles consolantes de Jésus : “Prenez courage, j’ai vaincu le monde” » (Jn 16, 33).