Méditation biblique du 6 octobre

Mémoire de Saint Bruno, prêtre

27e semaine de l’année – Année paire

Gal 1, 13-24 ; Ps 139 ; Lc 10, 38-42

Avant de venir au Christ, Paul n’était pas un incroyant. En tant que pharisien, il connaissait bien les Écritures et était certainement familier avec la prédication de Jésus. S’il a persécuté les chrétiens, c’est peut-être par crainte que le mouvement chrétien, avec sa forte dimension messianique, n’entraîne les communautés juives dans un conflit dangereux avec les autorités romaines. Sa conversion au Christ et son engagement à proclamer l’Évangile n’ont certainement pas été le fruit d’une décision soudaine, mais l’aboutissement d’une profonde réflexion. Bien qu’il fût un homme d’action, il était aussi un homme de prière, un mystique qui a rencontré Jésus et compris son rôle central dans le plan de Dieu.

Luc illustre le lien étroit entre la prière et l’action à travers le récit de la rencontre de Jésus avec les deux sœurs, Marthe et Marie. Jésus ne reproche pas à Marthe d’être affairée : c’était un devoir qui lui incombait en tant qu’hôtesse. Il dit simplement que Marie, qui écoute attentivement sa parole, a choisi la meilleure part, celle qui ne lui sera pas enlevée. Dans notre relation avec Jésus, la primauté n’appartient donc pas à l’action, mais à la prière, comprise comme l’écoute de l’Évangile de Jésus, suivie d’une réflexion et d’une réponse personnelle ; et cela pas seulement lors d’occasions spéciales, mais comme un mode de vie. C’est un principe facile à saisir. L’Évangile que Jésus a confié à l’Église n’est pas un ensemble de doctrines, de préceptes ou de rituels à apprendre et à transmettre servilement. Il s’agit plutôt d’un message de salut qui doit toujours être « médité », approfondi et appliqué à la réalité de sa propre vie avant d’être communiqué aux autres.

Ce besoin est particulièrement ressenti par les missionnaires qui, de par leur vocation même, apportent l’Évangile dans des milieux différents de ceux où ils sont nés et ont grandi, mais il s’applique à tous. Le pape François le souligne lorsqu’il écrit : « En priant, nous entretenons l’étincelle d’espérance que Dieu a allumée en nous, afin qu’elle devienne un grand feu qui éclaire et réchauffe tous ceux qui nous entourent, notamment par ces actions et ces gestes concrets que la prière elle-même inspire » (Message pour la Journée mondiale des missions 2025). Cela n’est toutefois possible que si nous évitons de limiter la prière à une série de demandes ou de formules souvent répétées mécaniquement.