Les lectures d’aujourd’hui révèlent le cœur de l’Évangile comme une proclamation missionnaire de liberté, de bénédiction et de choix décisif.
Dans la première lecture, Paul redéfinit avec audace l’appartenance au peuple de Dieu : « Ceux qui croient sont la descendance d’Abraham » (Gal 3, 7). La mission n’est pas l’expansion d’un système culturel ou juridique, mais l’élargissement de la foi. Le Christ rachète l’humanité de la malédiction de la loi en devenant lui-même malédiction, afin que « la bénédiction d’Abraham puisse parvenir aux païens » (Gal 3, 14). C’est là que réside le cœur de l’exégèse missionnaire : la croix n’est pas un obstacle à la mission, mais sa source. Comme l’enseigne Ad gentes, l’Église est envoyée pour rendre présent ce mystère du salut parmi tous les peuples, non par l’imposition, mais par la proclamation de la grâce (cf. AG 6).
Dans le Psaume 111, le psalmiste rend grâce à Dieu pour sa fidélité à l’alliance. Dieu se souvient de son alliance et de son peuple. La mission découle du fait que Dieu se souvient de nous, et que nous nous souvenons des autres. L’enseignement missionnaire contemporain insiste sur le fait que l’évangélisation exige aujourd’hui une autorité spirituelle enracinée dans la communion avec le Christ, et non dans le pouvoir ou l’idéologie (cf. Pape François, Message pour la Journée mondiale des missions 2025).
Dans l’Évangile, Jésus fait face à l’accusation selon laquelle sa mission serait animée par le mal. Il répond avec clarté : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, alors le Royaume de Dieu est venu vers vous » (Lc 15, 20). La mission est un combat spirituel. La neutralité est impossible : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. » L’Évangile met en garde contre une foi vide qui chasse le mal mais n’accueille pas le Christ. Une maison balayée mais inhabitée redevient vulnérable.
Ainsi, les disciples missionnaires sont appelés non seulement à rejeter le mal, mais aussi à être remplis du Christ. Comme l’affirme Ad gentes, la conversion consiste à la fois à se détourner des idoles et à ouvrir pleinement sa vie au Dieu vivant (cf. AG 13). Seule une Église habitée par le Christ peut être un signe crédible du Royaume pour le monde.